la révolution énergétique de greenpeace
[R]évolution
énergétique
VERS UN AVENIR ÉNERGÉTIQUE PROPRE ET DURABLE
EUROPEAN RENEWABLE
ENERGY COUNCIL
Greenpeace International, Conseil européen des énergies renouvelables (EREC)
Date janvier 2007
Il apparaît aujourd'hui de plus en
plus évident que l'avenir énergétique
du monde doit impérativement
s'inscrire en rupture nette avec les
orientations et les modes de
production et de consommation
énergétiques du passé. Cet
impératif découle autant de la
nécessité de parvenir à une forme
de sécurité énergétique que de
l'urgence qu'il y a à maîtriser les
pollutions locales dues à l'utilisation
de divers combustibles mais
aussi, bien entendu, le problème
grandissant des changements
climatiques, qui exigent que l'on
réduise les émissions de gaz Ã
effet de serre (GES) et tout particulièrement
de dioxyde de carbone.
La présente publication analyse de façon stimulante les futures évolutions
possibles en matière d'utilisation de l'énergie, en s'intéressant tout
particulièrement à diverses technologies dont on prévoit l'émergence
dans les prochaines années et décennies. Il est aujourd'hui universellement
admis que l'adoption de nouvelles technologies - et un recours bien
plus important à des techniques déjà existantes - offrent des perspectives
très prometteuses en matière de réduction des émissions de GES.
C'est pour cette raison que l'Agence internationale de l'énergie, qui
par le passé fondait ses analyses sur une voie d'évolution unique de la
demande et de l'offre énergétique, a aujourd'hui recours à des scénarios
alternatifs qui tiennent compte des futures mutations technologiques
possibles. De même, dans son quatrième Rapport d'évaluation, le
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
(GIEC) fait de la technologie un thème transversal, reconnaissant
ainsi qu'il est important d'évaluer les possibilités offertes par la technologie
face aux changements climatiques, qu'il s'agisse de les
atténuer ou de s'y adapter.
Les preuves scientifiques de la nécessité d'une action urgente face au
problème des changements climatiques sont aujourd'hui plus formelles
et convaincantes que jamais. Les solutions d'avenir pourraient résider
dans l'utilisation des technologies énergétiques renouvelables existantes,
dans des efforts plus importants en matière d'efficacité énergétique et
dans la propagation de technologies et d'alternatives énergétiques
décentralisées. La présente publication offre une analyse bien documentée
pouvant stimuler la réflexion sur les solutions à adopter dans
ces domaines. Nous ne doutons pas que la lecture de cette étude peut
être autant profitable aux connaisseurs de la problématique qu'à ceux
qui cherchent une meilleure compréhension des sujets abordés dans
les pages qui suivent.
Dr. R. K. Pachauri
PRÉSIDENT DU GROUPE D'EXPERTS INTERGOUVERNEMENTAL
SUR L'ÉVOLUTION DU CLIMAT
JANVIER 2007
AVANT-PROPOS
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D'abord, la bonne nouvelle. Les énergies renouvelables, combinées à un
usage intelligent de l'énergie, peuvent fournir la moitié des besoins
énergétiques mondiaux d'ici 2050. Le présent rapport, "[R]évolution
énergétique. Vers un avenir énergétique propre et durable", montre qu'il
est économiquement possible de réduire les émissions mondiales de CO2
de près de 50 % au cours des 43 prochaines années. Il conclut également
qu'un recours massif aux sources d'énergie renouvelables est techniquement
possible : seul manque un soutien réglementaire adéquat.
La mauvaise nouvelle, c'est que le temps commence à manquer. Les
scientifiques s'accordent aujourd'hui très majoritairement sur le fait que
des changements climatiques sont en cours, qu'ils sont causés en grande
partie par les activités humaines (comme l'utilisation des combustibles
fossiles) et que leurs conséquences seront catastrophiques, si l'on ne
réagit pas. De plus, des preuves scientifiques sérieuses indiquent qu'il faut
agir maintenant. Voilà ce qui apparaît dans les conclusions du Groupe
d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), une institution
des Nations unies regroupant plus de 1 000 scientifiques, dont le but est
de conseiller les décideurs politiques en la matière. Il est peu probable
que son prochain rapport, qui doit sortir courant 2007, dise autre chose.
Face à cette menace, le protocole de Kyoto engage les États l'ayant ratifié
à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % par rapport Ã
leurs niveaux de 1990 durant une première période qui couvre 2008 Ã
2012. Cet engagement a conduit à l'adoption d'une série d'objectifs
nationaux et régionaux de réduction. L'Union européenne dans son
ensemble s'est par exemple engagée à une réduction de 8 %. Pour parvenir
à cet objectif, l'UE a également accepté d'accroître la part des
énergies renouvelables de 6 % à 12 % d'ici 2010.
Les signataires du protocole Kyoto sont actuellement en train de négocier
sa deuxième phase, couvrant la période 2013-2017. Durant cette période
les pays industrialisés devront réduire leurs émissions de CO2 de 18 %
par rapport aux niveaux de 1990, puis de 30 % entre 2018 et 2022. Ce
n'est qu'avec de telles réductions que nous avons des chances
raisonnables de maintenir la hausse moyenne de la température planétaire
en dessous de 2°C, augmentation au-delà de laquelle les effets des
changements climatiques seront dévastateurs.
Parallèlement au réchauffement global, d'autres problèmes deviennent
tout aussi pressants. La demande énergétique mondiale croît à un rythme
effréné. Le recours exagéré à des sources d'énergie importées depuis une
poignée de pays dont la situation politique est souvent instable, ainsi que
la volatilité des cours du pétrole et du gaz, ont mis la sécurité de l'approvisionnement
énergétique au premier rang des préoccupations politiques.
Cette situation risque de peser considérablement sur l'économie mondiale.
Mais s'il existe un large consensus sur la nécessité de changer notre
façon de produire et de consommer l'énergie, il reste des désaccords
quant à la façon d'y parvenir.
INTRODUCTION
"POUR PARVENIR À UNE CROISSANCE ÉCONOMIQUEMENT ATTRACTIVE DES ÉNERGIES RENOUVELABLES, UNE MOBILISATION RAISONNÉE ET COORDONNÉE DE TOUTES
LES TECHNOLOGIES RENOUVELABLES EST TRÈS IMPORTANTE. CELA DÉPEND DES POSSIBILITÉS TECHNIQUES, DES COÛTS RÉELS, DU POTENTIEL DE RÉDUCTION
DES COÛTS ET DE LA MATURITÉ DES TECHNOLOGIES."
image TEST D'ÉOLIENNE N90 2500, CONSTRUITE PAR L'ENTREPRISE ALLEMANDE NORDEX, DANS LE PORT DE ROSTOCK. CETTE ÉOLIENNE PRODUIT 2,5 MÉGAWATTS ET EST TESTÉE EN
CONDITIONS OFFSHORE. AU MOINS 10 INSTALLATIONS DE CE TYPE VONT ÊTRE ÉRIGÉES À 20 KM DE L'ÎLE DE DARSS DANS LA MER BALTIQUE EN 2007. DEUX TECHNICIENS TRAVAILLENT
À L'INTÉRIEUR DE LA TURBINE.
NOTRE SCÉNARIO ÉNERGÉTIQUE MONDIAL
Le scénario énergétique mondial présenté dans cette publication a été
élaboré par le Conseil européen des énergies renouvelables (Erec) et
Greenpeace international. Il se veut une proposition pratique en vue
d'atteindre très rapidement les objectifs de réduction de CO2 tout en
garantissant une production énergétique dont le coût reste raisonnable
dans le cadre d'un développement économique mondial continu. Ces
deux objectifs importants peuvent tout à fait être atteints de concert.
L'impérieuse nécessité d'une mutation dans le secteur de l'énergie
implique que notre scénario ne s'appuie que sur des technologies
durables ayant fait leurs preuves, comme l'utilisation de sources
d'énergie renouvelables et une cogénération efficace et décentralisée.
Les "centrales au charbon sans CO2" et l'énergie nucléaire n'ont donc
pas leur place dans notre scénario.
La voie de développement énergétique mondial durable d'ici à 2050,
que décrit le présent rapport, a été élaborée par le Département
d'analyse des systèmes et d'évaluation des technologies (Institut de
thermodynamique technique) du Centre aérospatial allemand (DLR)
sur une commande de Greenpeace international et du Conseil européen
des énergies renouvelables (Erec). Le potentiel des sources d'énergie
renouvelables, qui a été évalué en tenant compte de contributions
provenant de tous les secteurs de l'industrie des énergies renouvelables
à travers le monde, sert de base au scénario [R]évolution énergétique.
Les scénarios d'approvisionnement énergétique utilisés dans le présent
rapport, qui s'étendent sur une plus longue période que les prévisions
de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) en les extrapolant, ont été
réalisés à l'aide du modèle de simulation MESAP/Planet. Ces scénarios
ont ensuite été affinés par Ecofys de façon à tenir compte du potentiel
des mesures d'efficacité énergétique. L'étude d'Ecofys envisage un
développement ambitieux du potentiel d'efficacité énergétique
s'appuyant sur les meilleures pratiques actuelles et les technologies qui
seront disponibles demain. Résultat : le scénario [R]évolution énergétique
prouve qu'il est possible de réduire la demande mondiale d'énergie
finale de 47 % d'ici 2050.
LE POTENTIEL DES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Le présent rapport démontre que les énergies renouvelables ne sont pas
qu'un rêve pour demain : ce sont des technologies réelles, matures et
utilisables à grande échelle. Des décennies de progrès technique ont vu
des technologies énergétiques renouvelables comme les éoliennes, les
panneaux solaires photovoltaïques, les centrales à la biomasse et les
collecteurs solaires thermiques entrer progressivement dans la norme.
Le marché mondial des énergies renouvelables connaît une croissance
phénoménale : son chiffre d'affaires a été de 38 milliards de dollars en
2006, soit 26 % de plus que l'année précédente.
Le laps temps dont nous disposons pour effectuer la transition des
combustibles fossiles aux énergies renouvelables est toutefois relativement
court. Au cours de la prochaine décennie, la plupart des centrales
existantes dans les pays de l'OCDE vont arriver en fin de vie et devront
être remplacées. Mais décider aujourd'hui de construire une centrale
au charbon implique des émissions de CO2 jusqu'en 2050.Par conséquent,
ce que les fournisseurs d'énergie vont décider dans les prochaines
années déterminera la configuration de l'approvisionnement énergétique
de la prochaine génération. Nous sommes convaincus qu'il vaut
mieux que ce soit une "génération solaire".
Si les pays industrialisés doivent de toute urgence repenser leur
stratégie d'approvisionnement énergétique, les pays en développement
devraient tirer les leçons des erreurs passées et bâtir leurs économies
dès le départ sur des fondations plus solides, grâce à un approvisionnement
énergétique durable. De nouvelles infrastructures devront être mises en
place pour que cela puisse se réaliser.
Les énergies renouvelables pourraient satisfaire jusqu'à 35% des
besoins énergétiques mondiaux d'ici 2030, pour peu qu'il y ait la volonté
politique de promouvoir leur déploiement à grande échelle au niveau
mondial, dans tous les secteurs, en le combinant à des mesures d'efficacité
énergétique extensives. Le présent rapport souligne que l'évolution des
énergies renouvelables dépendra fortement à la fois des choix politiques
de la communauté internationale et de ceux de chaque gouvernement.
En optant pour les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, les
pays en développement peuvent quasiment stabiliser leurs émissions de
CO2 tout en augmentant leur consommation du fait de leur croissance
économique. Les pays de l'OCDE devront réduire leurs émissions de
plus de 80 %.
Il ne sera pas nécessaire de "s'éclairer à la bougie" pour y parvenir. Des
normes techniques strictes pourront garantir que seuls les réfrigérateurs,
les systèmes de chauffage, les ordinateurs et les véhicules les plus
économes seront disponibles dans le commerce. Les consommateurs
ont droit aux produits qui n'augmentent pas leur facture énergique, ni
ne détériorent le climat.
FAIRE DE NOTRE VISION UNE RÉALITÉ
Le présent rapport montre qu'un scénario "business as usual" ("on ne
change rien, on continue comme ça"), fondé sur les prévision des
Perspectives énergétiques mondiales (World Energy Outlook – WEO)
de l'AIE, n'est pas acceptable pour les générations futures. Les émissions
de CO2 doubleraient d'ici 2050 et la planète connaîtrait une élévation
des températures bien supérieure à 2°C. Cela aurait des conséquences
catastrophiques pour l'environnement, l'économie et les sociétés
humaines. De plus, il est opportun de rappeler que l'ancien économiste
en chef de la Banque mondiale, Sir Nicholas Stern, a clairement
souligné dans son rapport que ceux qui investissent aujourd'hui dans
les technologies efficaces et les énergies renouvelables seront les gagnants
économiques de demain. À long terme, ne rien faire sera beaucoup plus
coûteux qu'agir dès aujourd'hui.
Nous appelons donc les décideurs du monde entier à faire de cette
vision une réalité. Les choix politiques des prochaines années vont
déterminer la situation environnementale et économique du monde
pour de nombreuses décennies. Notre monde ne peut pas se permettre
de rester prisonnier de la voie "conventionnelle" de développement
énergétique, reposant sur les combustibles fossiles, le nucléaire et
d'autres technologies dépassées. Les énergies renouvelables peuvent et
doivent jouer un rôle de premier plan dans l'avenir énergétique du
monde.
Pour préserver l'environnement, et garantir stabilité politique et
prospérité économique, le moment est venu de nous engager en faveur
d'un avenir énergétique véritablement sûr et durable : un avenir fondé
sur les technologies propres, le développement économique et la création
de millions d'emplois.
SYNTHÈSE
"LES RÉSERVES D'ÉNERGIE RENOUVELABLE TECHNIQUEMENT ACCESSIBLES DANS LE MONDE SONT SUFFISAMMENT IMPORTANTES POUR FOURNIR ENVIRON
SIX FOIS PLUS D'ÉNERGIE QUE CE QUE LE MONDE CONSOMME ACTUELLEMENT. ET CE, POUR TOUJOURS."
image "UN HOMME COURT SUR LE REBORD D'UNE PARABOLE SOLAIRE AU SOMMET DE LA CUISINE SOLAIRE D'AUROVILLE,TAMIL NADU, INDE. CETTE PARABOLE CAPTURE SUFFISAMMENT
D'ÉNERGIE POUR GÉNÉRER LA CHALEUR NÉCESSAIRE À L'ALIMENTATION DE 2000 PERSONNES CHAQUE JOUR".
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MENACES ET SOLUTIONS CLIMATIQUES
Les changements climatiques planétaires, provoqués par l'accumulation
constante de gaz à effet de serre dans l'atmosphère de la Terre, ont déjÃ
commencé à perturber les écosystèmes et causent déjà environ 150 000
décès supplémentaires par an. Une élévation moyenne de la température
planétaire de 2°C fait peser sur des millions de personnes une menace
accrue de famines, d'épidémies de paludisme, d'inondations et de pénuries
d'eau. Si nous voulons maintenir la hausse des températures dans des limites
tolérables, nous devons considérablement réduire nos émissions de gaz Ã
effet de serre. C'est raisonnable aussi bien d'un point de vue environnemental
qu'économique. Le principal gaz à effet de serre est le dioxyde de carbone
(CO2) produit par l'utilisation de combustibles fossiles pour les transports
et la production d'énergie.
Ravivée par l'envolée récente du prix du pétrole, la question de la sécurité
de l'approvisionnement occupe aujourd'hui le premier rang des préoccupations
politiques en matière d'énergie. L'une des raisons de cette hausse des cours
s'explique par l'amenuisement des approvisionnements en combustibles fossiles
(pétrole, gaz et charbon) et par l'augmentation de leur coût de production.
L'époque du pétrole et du gaz bon marché touche à sa fin. L'uranium, le
combustible utilisé par la filière nucléaire, est également une ressource en
quantité limitée.Au contraire, les réserves d'énergie renouvelable techniquement
accessibles dans le monde sont suffisamment importantes pour fournir environ
six fois plus d'énergie que ce que le monde consomme actuellement – et ce
pour toujours.
Les technologies énergétiques renouvelables varient beaucoup dans leur
maturité technique et économique, mais les sources sont nombreuses et
offrent de plus en plus d'options intéressantes. Ces sources comprennent
l'énergie éolienne, la biomasse, l'énergie solaire photovoltaïque et thermique,
la géothermie, l'énergie marémotrice et l'hydroélectricité. Elles ont pour
point commun de ne produire que peu ou pas de gaz à effet de serre, et d'utiliser
comme "matière première" des ressources naturelles quasiment
inépuisables. Certaines de ces technologies sont déjà compétitives. Leur viabilité
économique va s'améliorer encore à mesure qu'elles s'amélioreront
techniquement, que les prix des combustibles fossiles continueront de
grimper et que les émissions de dioxyde de carbone qu'elles permettront
d'éviter se verront attribuer une valeur monétaire.
Dans le même temps, il est possible de réduire énormément notre consommation
d'énergie, tout en bénéficiant de la même qualité de "services"
énergétiques qu'aujourd'hui. Cette étude présente une série de mesures
d'efficacité énergétique qui, combinées, peuvent réduire de façon importante
la consommation des industries, des ménages, des entreprises et du tertiaire.
La solution à nos besoins énergétiques futurs repose sur un plus large
recours aux énergies renouvelables aussi bien pour la production de chaleur
que d'électricité. L'énergie nucléaire qui expose les populations et l'environnement
à de multiples menaces n'est pas une solution. Cela comprend les
risques et dommages environnementaux - depuis l'extraction de l'uranium,
sa transformation en passant par son transport -, les risques de prolifération
des armes nucléaires, le problème non résolu des déchets nucléaires et les
conséquences d'un éventuel accident grave. La présente analyse écarte donc
l'option nucléaire.
[R]ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE
Les changements climatiques exigent rien de moins qu'une révolution
énergétique. Au coeur de cette révolution se trouve la nécessité de changer
la façon dont l'énergie est produite, distribuée et consommée. Les cinq
principes fondamentaux de cette mutation sont :
1. La mise en oeuvre de solutions renouvelables, en particulier par des
systèmes énergétiques décentralisés
2. Le respect des limites naturelles de l'environnement
3. La sortie des sources d'énergie sales et non-durables
4. Une utilisation des ressources plus équitable
5. Une croissance économique découplée de la consommation
de combustibles fossiles
Des systèmes énergétiques décentralisés, dans lesquels l'électricité et la
chaleur sont produites à proximité du lieu de leur utilisation finale,
éviteront de gaspiller l'énergie pendant sa conversion et sa distribution
comme on le fait actuellement. Ils occuperont une place centrale dans la
[R]évolution énergétique, tout comme la nécessité de fournir de l'électricité
aux deux milliards de personnes dans le monde qui en sont aujourd'hui
privées.
Deux scénarios d'évolution d'ici à 2050 sont comparés dans le présent
rapport. Le scénario de Référence se fonde sur le scénario "business as
usual" ("on ne change rien, on continue comme ça") publié par l'Agence
internationale de l'énergie (AIE) dans ses Perspectives énergétiques
mondiales 2004 (World Energy Outlook 2004), en l'extrapolant au-delÃ
de l'année 2030.Par rapport aux prévisions de 2004 de l'AIE, les nouvelles
Perspectives énergétiques mondiales 2006 prévoient un taux de croissance
annuel moyen du PIB mondial légèrement plus fort : de 3,4 % au lieu de
3,2 % sur la période 2004-2030. Les Perspectives 2006 anticipent une
consommation d'énergie finale en 2030 de 4 % plus élevée que celle
retenue dans les Perspectives énergétiques mondiales 2004. Une étude
d'impact de la croissance économique sur la demande énergétique dans
le cadre du scénario [R]évolution énergétique indique qu'une augmentation
du PIB mondial moyen de 0,1 % (sur la période 2003-2050) entraînera
une augmentation de la demande d'énergie finale d'environ 0,2 %.
Le scénario [R]évolution énergétique vise une réduction des émissions